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Jugan

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Jugan. Jérôme LEROY

 

Après plusieurs ouvrages de cet auteur, j’apprécie toujours autant son écriture et sa limpidité de style. D’histoire en histoire, l’auteur nous convie cette fois dans le monde des révolutionnaires d’extrême gauche, résiliés dans leur conformités ou tentant de continuer la lutte malgré le quotidien et leur brisures…

C’est ainsi que par le jeu de flashbacks servant d’excuses à la narration de l’histoire, nous suivons l’histoire de Joel Jugan, chef d’action directe de la ville de Noirbourg. Autour de lui gravite un panel de personnages, ancien membres du commando ou futures victimes de cet homme sans visage.

L’écriture rapide et cinglante de l’auteur ainsi que la rapidité d’exécution de la syntaxe et du phrasé est un vrai bonheur de lecture. On ne perd pas une miette et on accroche directement à cette histoire, se saisissant des personnages et des descriptions pour pénétrer au plus profond des psychismes des protagonistes. Les paragraphes sont pourtant longs et parfois emplis de descriptions, qui n’enlèvent pourtant rien au rythme du roman.

Sur fond de lutte contre le capital, narrée à la façon d’un documentaire, l’histoire déroule le chemin de vie d’une personne qui s’est perdue dans la Cause et qui entraîne avec lui ceux qui l’approchent de trop près. Avec pour toile de fond une petite ville de province où se mêle diverses populations, l’auteur nous brosse le portrait d’une France actuelle en manque de repère, cherchant désespéramment de l’espoir, quitte à se brûler les ailes auprès d’un machiavélique personnage.

Les personnages, quel que soit leur rôle et leur apparition dans le roman,  sont tous sublimés tant dans leur beauté que dans leur décadence. L’auteur développe à cette occasion un savoir faire millimétré dans l’art du suspens, dévoilant au compte goutte des informations nous permettant petit à petit de mesurer le développement psychique et personnel des personnages. Leur évolution nous est donc plus intime et l’on s’accroche à nos « héros » avec encore plus de force.

C’est un essai plus que réussi sur la non réhabilitation d’un homme, qui se refuse à abandonner son combat et au delà de ça sur le jusqu’au boutisme auquel peut conduire la fanatisation. Car Jugan ressort de prison désabusé, et la continuité de son combat n’est que le prétexte à l’assouvissement de nos deux personnages féminins… Condamnées dès le début à n’être que les marionnettes d’un homme qui les fascine, les relations du bien et du mal sont ici évoquées de différentes manières tout au long du roman, nous permettant d’accéder à un panel de réflexions nous permettant de mener notre propre pensée sur la façon dont nous agirions nous même.

Roman d’une grande noirceur qui ne réconcilie pas avec le genre humain, Jugan est un petit livre qui se lit d’une traite et qui vient à nouveau souligner le talent de Jérôme Leroy.

Merci aux éditions Gallimard Folio pour ce partenariat.
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